La filiation en Égypte ancienne, comprendre avec les hiéroglyphes

Le fils du roi Râhotep. Comment indique-t-on la filiation en Egypte ancienne ? Déchiffrer les énigmes hiéroglyphiques.
« Hieroglyphische Inschriften und Reliefdarstellung aus dem Grabe des Prinzen Rahotep in Medum (um 2800 v. Chr.) » The Miriam and Ira D. Wallach Division of Art, Prints and Photographs: Picture Collection, The New York Public Library.

Déchiffrer les hiéroglyphes est indispensable pour étudier la civilisation égyptienne. Il suffit parfois de quelques clés pour déchiffrer une énigme… Mise en pratique avec les termes de la filiation.

Des hiéroglyphes pour marquer la filiation

Fille, fils, mère, père, sont des mots qui apparaissent régulièrement dans les inscriptions hiéroglyphiques.

« Ta fille » en trois hiéroglyphes

Voici un extrait d’un texte hiéroglyphique présent dans la tombe d’Ouserhat (TT56), qui se trouve sur la rive ouest de Louqsor. Les trois hiéroglyphes encadrés signifient « ta fille ». Comment cela fonctionne ?

Des hiéroglyphes qui signifient "ta fille".
Tombe d’Ouserhat (TT56), trois hiéroglyphes pour « ta fille », © Enquêtes & énigmes.

Le canard signifie « fils ». Le pain (le hiéroglyphe en demi-cercle) placé derrière le canard est la marque du féminin. Donc canard + pain = fille.

Le dernier hiéroglyphe, une corbeille avec une anse, sert à noter le pronom personnel « tu » ou l’adjectif possessif « ta, ton ».

« Fils de sa fille »

Dans le texte suivant, présent dans la tombe d’Ahmès fils d’Abana, à el-Kâb, les six hiéroglyphes encadrés signifient « le fils de sa fille ». Il n’y a pas de mot pour dire « petit-fils ».

Ecrire "petit-fils" avec des hiéroglyphes.
Tombe d’Ahmès fils d’Abana, el-Kâb 5, « le fils de ta fille », © Enquêtes & énigmes.

On retrouve le canard « fils », suivi d’un trait qui ne se lit pas, il confirme juste que le canard est un idéogramme.

Le filet d’eau signifie « de ».

Le canard + la marque du féminin (le pain en demi-cercle) donnent « fille ».

Enfin, le dernier hiéroglyphe est une vipère qui en Égypte ancienne sert à noter le pronom personnel masculin « il » ou l’adjectif possessif « sa, son ».

Trois hiéroglyphes pour dire « sa mère »

Restons dans la tombe d’Ahmès fils d’Abana avec ces trois hiéroglyphes qui signifient « sa mère ».

Quelques hiéroglyphes suffisent pour écrire "sa mère".
Tombe d’Ahmès fils d’Abana, el-Kâb 5, « sa mère » © Enquêtes & énigmes.

Dans cet exemple, le vautour signifie « mère » car il est accompagné de la marque du féminin : le hiéroglyphe du pain. Mais attention, le mot « père » ne s’écrit pas avec le hiéroglyphe du vautour seul.

Ainsi, en égyptien ancien, le hiéroglyphe du vautour associé à celui du pain donnent ensemble le mot « mère ». 

On retrouve ensuite la vipère qui sert à noter le pronom personnel « il » ou l’adjectif possessif « sa, son ».

Comment s’écrit « père » ?

Le mot « père » se note à l’aide de trois hiéroglyphes : le roseau, le pain et la vipère. Ici la vipère n’est pas à lire comme un pronom personnel, mais comme un signe bilitère qui se prononce « it ».

"Père" en hiéroglyphes.
Tombe d’Ahmès fils d’Abana, el-Kâb 5, « père » © Enquêtes & énigmes.

Découvrons maintenant l’inscription laissée par Pahery dans la tombe de son grand-père, Ahmès fils d’Abana :

Lire une inscription composée de hiéroglyphes.
Inscription dans la tombe d’Ahmès fils d’Abana, el-Kâb 5 © Enquêtes & énigmes.

« Par le fils de sa fille, administrateur des travaux dans cette tombe, en faisant vivre le nom du père (de) sa mère, le dessinateur d’Amon, Pahery, juste de voix ».

Détectives explorateurs du passé, êtes-vous prêts à déchiffrer des énigmes hiéroglyphiques ? RDV dans Abomination au temple de Ptah.

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