Une forteresse fantomatique sur les hauteurs de Clermont-l’Hérault. Le château des Guilhem

La silhouette fantomatique du château des Guilhem.
Vue du château des Guilhem depuis le côté ouest © Enquêtes & énigmes.

De la forteresse érigée par la puissante famille des Guilhem il y a près de 1000 ans, il ne reste que des ruines qui lui donnent sa silhouette fantomatique. Elle est pourtant toujours là, à dominer Clermont-l’Hérault. Une équipe d’archéologues a tenté d’en percer les derniers secrets.

Une des plus anciennes forteresses du Languedoc

Pour l’apercevoir, il faut penser à lever la tête. C’est à se demander si nos yeux ne nous jouent pas un tour, car dans la ville rien n’indique sa présence. Est-ce vraiment la silhouette d’une forteresse qui se détache sur les hauteurs de Clermont-l’Hérault ?

Cet édifice dont l’origine remonte au XIIe siècle n’est pas une apparition. Le site a même fait l’objet de travaux archéologiques dans les années 2010. Les résultats ont permis aux archéologues de mettre en exergue trois phases de développement depuis le XIIe siècle.

Le castrum primitif du XIIe siècle

Le plus ancien élément du château primitif est son donjon, à l’origine de forme carrée d’après la base qui subsiste*. Cette tour maîtresse s’élevait sur une ancienne place d’au moins 700 m², que les archéologues supposent délimitée par une enceinte.  

Pour les chercheurs, Aimeric Ier de Clermont, fils de Béranger de Guilhem, serait à l’origine de l’édification du castrum primitif. C’est ce que suggère l’étude des matériaux confrontée aux sources textuelles. Aucun indice ne révèle une occupation antérieure.

Une phase de fortification au XIIIe siècle

Pour les historiens et les archéologues, l’enceinte visible aujourd’hui daterait du XIIIe siècle. Bérenger IV de Guilhem serait à l’origine de cette nouvelle phase de fortification.

Avec ses tours et ses deux portes d’accès, l’enceinte aurait été ajoutée comme dispositif défensif au noyau primitif. Des centaines d’années plus tard, les meurtrières qui percent l’enceinte sur le niveau haut comme sur le niveau bas sont toujours bien visibles.

La tour Cardinal à l'entrée nord de la forteresse des Guilhem (Clermont-l'Hérault).
Des meurtrières sont visibles sur le niveau haut et le niveau bas de la tour Cardinal, à côté de la porte nord © Enquêtes & énigmes.

C’est à cette époque que le donjon prend une forme circulaire. Les archéologues pensent qu’il faisait partie de l’habitat seigneurial, dont il ne subsiste plus rien.

Le donjon circulaire du château des Guilhem (Clermont-l'Hérault).
Le donjon émerge de la cour castrale © Enquêtes & énigmes.

Le fantomatique château de Tristan Ier de Guilhem

La forteresse, aujourd’hui dépouillée de tout ornement, n’a plus que l’apparence de ce qu’elle devait être. Cette présence fantomatique a toutefois préservé des informations sur sa splendeur passée.

Des éléments architecturaux et des terres cuites découverts sur le site témoignent en effet du raffinement du château durant le XVe siècle. C’est pour les archéologues la preuve que les seigneurs de Guilhem n’abandonnèrent pas l’édifice au profit d’autres demeures.

Ces travaux d’embellissement seraient l’œuvre de Tristan Ier de Guilhem, de retour d’Italie à la mort de son frère en 1423. Des réemplois visibles en ville jusqu’à dans les années 1950 sont les indices d’une décoration raffinée s’inspirant du gothique italien.

Visiter un château dans l’Hérault : le château des Guilhem

La commune de Clermont-l’Hérault a récemment fait l’acquisition du château des Guilhem. Elle souhaite le réhabiliter et en faire un lieu touristique. De nombreux bénévoles se consacrent à la restauration et à la mise en valeur du château.

Fermé à partir de 2017, le château des Guilhem est à nouveau accessible au public depuis juin 2021. L’office de tourisme et les associations locales y organisent régulièrement des visites et des animations.

Vous souhaitez faire connaître votre château fantomatique ou insolite ?

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